Le massage prostatique


Nous sortons du cadre des massages traditionnels de relaxation et de bien-être, mais nous avons abordé déjà le massage de "Yoni" et du "Lingam" dans d'autres articles. Reste le dernier "hot-spot"pour accéder à une sorte de lacher-prise. Voici les cinq règles d'or pour un bon massage prostatique.


Mettre un doigt dans l’anus de son partenaire pour lui donner du plaisir, nombreux sont ceux qui estimeront qu’il n’y a pas trente-six manières de le faire. A tort ! Pour prodiguer avec doigté du plaisir prostatique à son partenaire, quelques principes sont à observer. Nathalie Giraud-Desforges, sexothérapeute et fondatrice de Piment rose, nous livre les cinq commandements d’un massage extatique de la prostate.


1. « Détabouïser » le sujet

Le massage prostatique a beau être une pratique taoïste vieille de 5 000 ans, en parler sans gêne aujourd’hui, en 2017, n’est pas encore évident pour tout le monde. Remise en question de la virilité, craintes liées à l’hygiène, le plaisir prostatique n’ouvre ses portes qu’à ceux qui s’affranchissent de ces considérations et jouissent d’un esprit totalement libre. « La zone anale est porteuse de mémoire et de préjugés, rappelle Nathalie Giraud-Desforges. Elle est associée à un fardeau générationnel genré ».

Dans les ateliers consacrés au plaisir prostatique qu’anime la sexothérapeute, « le credo, c’est que l’on peut parler de tout. Il faut d’abord informer et communiquer, pour "détabouïser" le sujet. Il s’agit de répondre à toutes les questions que l’on peut se poser autour du plaisir prostatique : seul ou à deux, comment ça marche ? Quelles sensations le massage prostatique provoque-t-il ? Pour quelle stimulation opter ? L’exploration se fait dans un cadre qui privilégie, l’accueil de la parole, la sécurité et le respect de l’autre. » Un credo à adopter dans le cadre privé de sa chambre à coucher.

S’il n’y a pas de tabou dans le couple et que l’on sait que l’autre y prend du plaisir, « ça peut être spontané et dans le feu de l’action, on peut lui glisser en douceur un doigt dans l’anus, suggère la spécialiste. Mais, dans tous les cas, le massage prostatique doit être dispensé en conscience, avec à l’esprit la notion d’approche d’une zone sacrée, qui requiert une confiance absolue et mutuelle. »


2. Se préparer à offrir ce « cadeau »

En pratique, si l’on veut découvrir en couple le plaisir prostatique, quelques précautions d’usage sont à prévoir en amont. Pour offrir ce cadeau, la première règle est « d’éviter les ongles longs et retirer ses bagues », prescrit Nathalie Giraud-Desforges. Difficile d’être détendu et ouvert au plaisir prostatique si les doigts qui doivent vous faire grimper au rideau ressemblent à des serres d’aigle. Evidemment, les mains doivent être bien propres et « si besoin, on peut porter un préservatif pour doigt ou, plus faciles à trouver, des gants en latex », conseille la sexothérapeute.

Surtout, ne jamais oublier de faire preuve de douceur. « C’est primordial, il ne faut pas y aller trop fort pour commencer, au risque de bloquer son partenaire ou de lui faire mal, insiste-t-elle. Au niveau du sphincter anal, il y a trois anneaux, qui vont s’ouvrir petit à petit avec l’excitation. » Baisers et caresses au niveau de l’anus sont donc un bon prélude à la stimulation prostatique. « En titillant cette zone avec douceur, il peut déjà y avoir une certaine lubrification anale naturelle due à l’excitation. Il ne s’agit donc pas de mettre directement un doigt à son partenaire », souligne la sexothérapeute.

Enfin, « il faut avoir un bon lubrifiant à portée de main, c’est indispensable, rappelle Nathalie Giraud-Desforges. Le troisième anneau du sphincter n’a aucune lubrification. Mieux vaut choisir un lubrifiant à base d’eau plutôt qu’à base de silicone, sans paraben et, autant que possible, bio. C’est un produit qui va être en contact avec les muqueuses et la prostate, donc il est important d’opter pour la formulation la plus respectueuse possible. »


3. Se préparer à le recevoir

Avant de laisser son partenaire glisser les doigts ou la langue dans son anus, « prendre une douche, voire faire un lavement anal, ça relaxe, on se sent propre et ça écarte la crainte de quelque chose de sale », indique Nathalie Giraud-Desforges.

Pour se mettre dans l’ambiance, « celui qui s’apprête à recevoir ce massage peut porter un plug anal ou un bijou d’anus, propose l’experte. C’est une manière ludique d’explorer son corps et ses sensations. Et cela peut déjà favoriser la lubrification naturelle et la dilatation de l’anus ».


4. Choisir la bonne position

Quand on s’initie au massage prostatique, choisir la bonne position est important pour être en confiance et se concentrer sur le plaisir procuré par son point P. « Ce sont des positions aux accents tantriques et taoïstes, note Nathalie Giraud-Desforges. Bien sûr, la position choisie doit être confortable et faciliter l’accès à l’anus. L’une d’entre elles consiste pour l’homme qui reçoit le massage à s’allonger sur le dos, les fesses légèrement surélevées par un coussin et les jambes posées sur les cuisses de son ou sa partenaire, expose-t-elle. Moins intimidante pour les premières fois, la position en chien de fusil est aussi appréciée. »

Et si, sous la couette, l’humeur du couple est à l’expérimentation de sex-toys, « il existe des stimulateurs prostatiques, qui restent en place et ne nécessitent pas de mouvements de va-et-vient », précise la sexothérapeute, qui déconseille les accessoires vibrants : « Cela empêche d’être focalisé pleinement sur l’intériorité du plaisir prostatique, qui est quelque chose d’inédit pour les hommes habitués à jouir par le pénis. Un homme qui s’ouvre à l’intériorité de la jouissance prostatique découvre toute une palette de sensations nouvelles », promet-elle.


5. Prendre le temps et lâcher prise

Pour y parvenir, « il ne faut pas être centré sur la performance et la quête de l’orgasme », avertit la sexothérapeute. En revanche, « si les deux partenaires prennent le temps de se faire plaisir et que celui qui reçoit ce massage parvient à totalement lâcher prise, il parviendra à un orgasme extrêmement voluptueux, il éprouvera des vagues de plaisir qui électriseront son corps tout entier. »


Le Point P

Le point "P" est l'équivalent masculin du point G. Et pourtant, il est beaucoup moins connu et reconnu. Faisons le tour de la question, pour ne plus passer à côté de ce point magique !

Vous avez certainement déjà entendu parler du point G, notamment dans l'article relatif au massage de yoni qui s’est érigé au rang de Graal de la sexualité féminine, considéré comme une sorte de bouton qui mènerait les femmes directement à l’orgasme. Maintenant il ne reste plus qu'à découvrir le point P, qui procure à nos hommes des sensations inoubliables.

La lettre P désigne ici la prostate (et non « parking » comme dans les voitures automatiques) qui pâtit bien trop souvent d’un déficit d’image. En effet, quand est évoquée leur prostate, les hommes, par une malheureuse association d’idées, pensent cancer, hôpital, infirmier s’approchant lentement de leur derrière, les mains gantées de latex. Et la perspective d’un toucher rectal est rarement réjouissante (sauf exception, on ne juge pas). Bref, c’est synonyme d’angoisse. Pourtant, la stimulation de la prostate peut être source de plaisir intense et mener à ce qu'on appelle l'orgasme prostatique.


Le point P, c'est où ?

On a bien compris : pour stimuler le point P il faut s'attaquer à la prostate. Celle-ci est une glande, faite de tissus érectiles, de la taille d’une châtaigne située à environ 7 cm de profondeur derrière la paroi supérieure du rectum de ces messieurs, sous la vessie. Sa fonction principale est de sécréter une partie du liquide spermatique. Puis, lors de l’éjaculation, elle se contracte pour expulser son contenu. Un point (malheureusement) tabou Zone érogène par excellence, elle est souvent inhibée et beaucoup d’hommes n’osent pas l’explorer. Ces réticences peuvent s’expliquer par le tabou que traîne depuis toujours l’anus, considéré par les garçons et par les filles comme une « no go zone » sale et dangereuse. Surtout, les garçons ont bien intériorisé l’injonction de la sexualité phallo centrée, et ne se risqueraient pas à tenter une pratique assimilée à l’homosexualité. Imaginez le drame… Comment la stimuler ?


La stimulation externe

Tout d'abord, par un massage externe du périnée, entre le scrotum et l’anus. Cela peut être un bon début pour ceux qui ne seraient pas prêts pour une pénétration. Testez la sensibilité de votre partenaire en commençant par exercer une légère pression, puis en y allant plus franchement s’il est réceptif. Cette attention, couplée à une fellation procure des sensations décuplées. En plus du plaisir que le massage de la prostate peut amener, il est considéré très bon pour la santé par la médecine chinoise ! Il préviendrait ainsi la prostatite (inflammation) l’hyperplasie (augmentation du volume) et le cancer, et assurerait donc la longévité des fonctions urinaires et sexuelles.


La stimulation interne

C’est l’insertion d’un doigt (ou deux, ou trois), idéalement quand votre partenaire est déjà dans un état d’excitation avancée, qui favorisera l’extase. Insérez donc votre doigt dans son rectum préalablement et fortement lubrifié (gel, salive : beaucoup de salive); c’est indispensable. Vous sentirez une boule. Pressez alors votre doigt vers l’avant en imitant le geste « viens par là toi ! ». Tout en observant attentivement votre partenaire et ses réactions, palpez, massez, titillez, effleurez… Plus l’excitation grandit, plus la prostate durcit, pour arriver jusqu’à un orgasme incomparable. Notez que si l’orgasme prostatique favorise l’érection, il ne mène pas forcément à l’éjaculation, qui contrairement à ce que l’on pourrait penser n’est pas un indicateur du degré de plaisir ressenti. Orgasme et éjaculation ne sont pas forcément liés ! Si votre partenaire et vous vous sentez prêts, vous pouvez ensuite stimuler son Point P avec des sextoys adaptés à cette pratique.


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